LES QUESTIONS DU MERCREDI - France Inter/"Le Monde

23/10/2009

Serez-vous candidat aux élections régionales en Ile-de-France ?


Ce n'est pas moi qui vais décider.

Apparemment, le PS n'a pas tellement envie de vous voir arriver...

Je constate que les choses ne sont pas aussi simples que je l'espérais. Si, comme je l'ai entendu dire récemment par le président de la région, mon travail a été correctement fait, je suis candidat à continuer avec l'équipe avec laquelle j'ai travaillé.

 

En l'occurrence, ce n'est pas votre travail à la région qui est en cause, c'est l'enquête de police qui a été menée sur vous et qui risque de déboucher sur une mise en examen. Ne valait-il pas mieux mettre vos ambitions politiques entre parenthèses tant que cette affaire n'est pas réglée ?

Ce sont les conseils amicaux que certains veulent me donner. Mais moi, j'estime que je n'ai rien à me reprocher. J'estime que, si le Parti socialiste m'avait soutenu comme il aurait dû le faire, après une explication loyale, droit dans les yeux, on n'en serait pas là... Je ne demandais pas à Martine Aubry de prendre ma défense personnelle, ça, je suis capable de m'en occuper. Je lui demandais de rappeler un certain nombre de principes : la présomption d'innocence, la préservation de la vie personnelle, du secret bancaire. Tout ça a été violé, allègrement.

On va rappeler les faits : un rapport d'enquête dit que vous auriez reçu 1,6 million d'euros entre 2005 et 2008 de différents comptes, et notamment de comptes d'associations comme SOS-Racisme ou la FIDL...

Ce que vous dites est complètement faux. Chacun colporte des informations qu'il n'a pas vérifiées. J'ai fourni au procureur de la République un rapport signé par deux experts-comptables incontestés qui montre que ce chiffre n'existe pas : il n'y a pas de transfert de compte. Ça n'existe pas. Tracfin a fait un rapport, "truqué", tronqué. C'est une affaire totalement politique qui est née de ce que j'ai appelé une dénonciation calomnieuse.

Qui gênez-vous ?

Mais beaucoup de gens ! Julien Dray, c'est quelqu'un qui dérange, qui énerve et, dans l'establishment socialiste, j'ai été candidat au poste de premier secrétaire. A ce moment-là, certains au PS se sont dit : "Il y en a marre, si on peut s'en débarrasser une bonne fois pour toutes, tant mieux !" Ça fait déjà plusieurs semaines que je dis que l'origine de l'affaire vient de la gauche et non de la droite.

Dans votre livre "L'Epreuve" (éditions Le Cherche Midi), vous tapez sur les médias, exactement comme le fait Nicolas Sarkozy aujourd'hui...

Il y a des dérives médiatiques, vous ne pouvez pas le contester ! Une perquisition a lieu chez moi, le 19 décembre. Avant même qu'elle ait commencé, elle était annoncée dans un journal. Et le contenu même des reproches qui me sont faits, que moi, je ne connais même pas, sont déjà dans le journal... Je suis pour la liberté de la presse, je veux bien qu'on me traîne dans la boue s'il le faut, mais qu'on prenne le temps de vérifier les informations. J'ai pris des directions de rédaction en flagrant délit de manipulation.

Comment réagissez-vous à l'élection annoncée de Jean Sarkozy dans les Hauts-de-Seine...

Il faut se méfier des emballements médiatiques. A un moment donné, vous vous retrouvez sous un tir croisé, vous ne savez plus d'où ça tombe. Il faut faire la part des choses. Quand j'entends, y compris certains responsables socialistes, expliquer qu'on installe Jean Sarkozy à l'EPAD pour préparer la campagne présidentielle de son père et aller faire des montages financiers, c'est du baratin. Quand on le critique parce qu'il n'a pas de diplôme ou qu'il est trop jeune, ce sont des arguments que je n'admets pas. En revanche, quand on le met en cause parce qu'il s'appelle Jean Sarkozy, je peux comprendre. Son cas est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Parce qu'avant cela il y a eu beaucoup de nominations à des postes stratégiques dans les entreprises publiques, les organismes financiers, l'audiovisuel public... Une toile s'est tissée qui pose problème.